Panne des sens
La nature nous a dotés de sens pour appréhender notre environnement et
ainsi survivre mais doit-on vraiment leur faire confiance?
Chaque sens a ses forces et ses faiblesses. Les forces, on les connaît,
mais les faiblesses, en est-t-on vraiment conscients. Ils ont des limites ou des
déviances.
Souvent dans les lieux où il y a du carrelage ou du papier peint, notre
regard est surpris de voir des choses bizarres qui apparaissent ou disparaissent
suivant les cas.
Il y a deux types de "trahisons" de leur part :
Ce qui est et que l'on ne
perçoit pas
Ce qui n'est pas et que l'on perçoit
Sur cet exemple, ou chaque intersection entre les carrés noirs est bien un
point blanc, vos yeux vous
trompent en vous faisant croire que ceux que vous ne fixaient pas sont des
points noirs.


Sur celui la si vous êtes adultes vous voyez 2
couples enlacés,
....si vous êtes un enfant, vous voyez 9
dauphins
Alors, vous voyez quoi?
Il en est ainsi de bien des choses humaines. La vie n'est que
l'illusion que nous avons de la réalité, filtrée plus ou moins bien par nos
sens et basée sur notre vécu.
Je pense que les arts dont le spectacle sont les activités qui
sont fondées sur ces effets. Ils créent artificiellement des émotions par la
juxtaposition où l'intensité d'éléments qui font réagir nos zones sensibles.
La musique de la même façon peut nous calmer, nous énerver, nous
déprimer ou nous faire avoir des frissons.
Les chansons sont ainsi à la confluence de deux vecteurs
émotionnels forts, la musique et les paroles. Ce sont des "trompe
l'oreille" qui agissent sur nos sens et notre vécu en faisant vibrer nos
éléments sensibles. L'ensemble (lorsqu'il est réussi) provoque une
émotion forte et agréable qui fait qu'on a envie de recommencer le plaisir.
Ainsi, pour savoir si une
chanson me plait ou pas, c'est très simple, je me demande si j'ai envie de la
réentendre ou non.
Il arrive parfois qu'elle fasse pleurer, même les plus
personnes qui apparaissent comme très dures ou insensibles. Je garde en mémoire un spectacle que nous avions fait en
Normandie où lorsque Sylvie a chanté "l'homme aux cheveux blancs",
je voyais des grosses larmes qui coulaient sur les joues de la moitié des
spectateurs. Que ce soient les femmes, les enfants et des grands gaillards
virils.